A priori, la question peut paraitre stupide, on peut se dire que la réponse est dans la question. Mais il n’est peut-être pas si stupide que ça de se le demander. En tout cas, voici quelques éléments de réponse.
Aujourd’hui, si vous êtes en burn-out, ou plutôt si vous « tombez dedans », c’est-à-dire, si votre corps vous lâche, comme ça, d’un coup, si un matin vous n’arrivez pas à vous extraire du lit parce que vous n’avez plus la force, si vous éclatez en sanglot, c’est que vous êtes arrivé(e) au bout de quelque chose. Voilà, vous venez de craquer, vous êtes en burn-out. Qui allez-vous voir pour vous aider, à ce moment-là ? Votre médecin généraliste, bien sûr. Il va vous prescrire des médicaments, vous donner un arrêt de travail (la durée sera selon votre cas et selon le médecin). Et après, ça se passe comment ?
Nous le savons tous (ou presque), se sortir du burn-out est long, parfois très long. On parle de plusieurs semaines dans le meilleurs des cas, mais plutôt de plusieurs mois, et pour certains en années. Il y a 4 phases dans le rétablissement complet : gérer l’urgence, récupérer, réparer, changer la situation. Elles permettront de retourner travailler sereinement. Nous allons détailler ces 4 étapes pour comprendre où est l’importance de se faire aider par un spécialiste.
1) Gérer l’urgence :
Les symptômes les plus courants et les plus visibles sont une fatigue immense, des douleurs musculaires, de ventre ou de dos. Il s’agit là des conséquences physiques, mais il y a aussi des symptômes émotionnels et moraux : crises de larmes, idées noires, idées suicidaires parfois. Il faut donc effectivement voir le médecin et prendre les médicaments adaptés pour se sortir de ces idées noires, dans un premier temps. L’idéal est d’être compris(e) et soutenu(e) par le conjoint, l’entourage, mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Expliquez que vous êtes épuisé(e) physiquement et moralement parce que vous avez beaucoup trop tiré sur la corde, sans jamais (ou si peu) faire attention à vous, sans prendre soin de vous. Faites-le avec vos propres mots, ou faites lire des articles pour qu’il (elle, ils) comprenne(nt). Ne le (la, les) blâmer pas, c’est difficile aussi pour l’entourage de vous voir comme ça, et il (elle, ils) se sent(ent) démuni(e, es).
2) Récupérer :
A ce moment-là, il y a lieu de reprendre des forces. Au début, on se traine du lit au canapé, du canapé au lit, en passant quelques rares fois par la table pour manger un petit quelque chose. Le temps de récupération est proportionnel au niveau de fatigue que vous avez accumulé, bien évidemment. Alors les premières semaines ne servent qu’à reprendre tout doucement quelques forces. Pour cela, il y a des choses essentielles :
- Une bonne alimentation, saine et variée
- Un sommeil de qualité, et si les nuits sont trop courtes, faites des siestes sans culpabiliser, elles sont nécessaires
- Quand on peut enfin se tenir debout, de façon un peu prolongée, il faut se forcer à sortir, aller marcher un peu, d’abord le tour de la maison, puis on allonge un peu, petit à petit, jour après jour, étape après étape, de préférence au contact de la nature.
3) Réparer :
Ce que vous allez lire ci-dessous ne va pas vous plaire, mais je vous conseille d’aller jusqu’au bout, car c’est sans doute la partie la plus importante. Dans cette phase, il s’agit de comprendre comment vous en êtes arrivé(e) là. Vous pouvez bien sûr tout mettre sur le dos de votre chef, de votre patron, c’est la faute de l’entreprise (je sais, c’est ce que j’ai fait), c’est tout le temps Yakafokon, les managers sont en dessous de tout, etc. Vous pouvez aussi mettre ça sur la conjoncture, les infos du journal de 20 heures, les voisins qui font trop de bruit, leur chien qui aboie toute la journée, que sais-je encore. Mais vous pouvez aussi réfléchir sur vous-même, aidé(e) par un spécialiste (Ah ! on y vient), qui vous aidera à identifier vos caractéristiques particulières, ce qui a fait que vous étiez un(e) candidat(e) idéal(e) pour le burn-out. Oui, je sais, à ce stade, vous n’avez pas envie de lire la suite. Vous êtes dans la peau de la victime, vous n’avez pas envie qu’on vous dise que vous avez votre part de responsabilités. Et pourtant, je suis désolé de vous dire que c’est le cas. Vous êtes certainement perfectionniste, exigeant(e) avec les autres mais surtout avec vous-même, en manque de reconnaissance (exacerbé par un manque d’estime de soi), en difficulté dans la gestion des émotions, et en grande difficulté aussi (pour ne pas dire en impossibilité) à dire non. En général, quand vous êtes en arrêt maladie pour burn-out, vous avez déjà une bonne dose de culpabilité, alors je ne veux pas vous en ajouter davantage, je veux juste que vous compreniez les causes réelles de votre mal, qui viennent principalement de vos croyances, instillées tout au long de votre vie, depuis votre enfance jusqu’à aujourd’hui. Vous devez vous libérer de tout ça !
Si vous voulez vous épanouir dans votre vie professionnelle autant que dans votre vie personnelle, vous devez travaillez sur ces points et faire en sorte de changer vos comportements. Vous devez apprendre à retrouver le sens que vous mettiez dans votre vie, revoir quelles sont vos valeurs fondamentales. Et pour faire ce travail, il est essentiel de vous faire guider par un(e) accompagnant(e) qui connait bien le sujet. Il faudra qu’il (elle) vous apprenne à prendre du recul, à vous ressourcer (il y a différentes façons de le faire), à vous libérer de vos croyances, à gérer vos émotions, à communiquer de façon assertive, à ne pas accepter une charge de travail supplémentaire si vous ne pouvez pas y faire face, et surtout à retrouver la confiance et l’estime de soi.
4) Changer la situation :
Là, vous êtes la seule personne à pouvoir juger ce que vous pouvez (devez ?) faire, dans les différentes possibilités qui « s’offrent » à vous :
- Retourner dans la même entreprise, sur le même poste : si vous n’avez pas accompli parfaitement le travail de l’étape précédente, cela vous expose à une récidive.
- Retourner dans la même entreprise, sur un poste différent, ou dans un autre service : vous pouvez être confronté(e) aux mêmes problèmes qu’avant votre burn-out, si le fonctionnement que vous avez connu est général à l’entreprise. Là encore, votre salut dépendra de la qualité du travail que vous aurez accompli dans l’étape précédente.
- Changer d’entreprise mais sur le même type de poste : une organisation différente peut vous aider à vous remettre le pied à l’étrier en douceur. Malheureusement, il y a peu d’entrepreneurs conciliants qui vous laisseront le temps, ils attendent de leur collaborateurs une efficacité immédiate, surtout si votre CV mentionnait de l’expérience du métier.
- Changer de métier : une reconversion peut vous faire retrouver le sens que vous voulez mettre dans votre vie, et cela passe par la reconnexion à vos valeurs personnelles. Ces dernières ne sont aujourd’hui peut-être plus les mêmes qu’au début de votre carrière. C’est encore une fois le travail de l’étape précédente qui vous éclairera sur ce sujet.
Voilà, ce sont quelques piste de réflexion, qui je l’espère, vous permettront de réfléchir à votre situation personnelle, et à quel type d’accompagnant(e) vous devez confier votre rétablissement. J’insiste encore une fois sur l’importance de la 3ème étape, pour moi l’essentielle. Je sais aujourd’hui Ô combien elle est primordiale, par rapport à ma propre expérience. Après un 1er burn-out et une reprise bien trop tôt au même poste dans la même entreprise, sans aucune modification ni de l’organisation, ni de mon comportement, j’ai fait une récidive. Par la suite, après avoir quitté cette entreprise, cela m’a pris beaucoup de temps, en suivi psychologique, puis en lectures de très nombreux livres et articles, en formation également, pour comprendre qui j’étais, comment je fonctionnais, ce que je ne voulais plus, puis ce que je voulais faire, pour entamer ma guérison et ma reconversion. Je serai certainement allé bien plus vite si j’avais été aidé par quelqu’un qui connait le problème, un spécialiste.
Bon courage, prenez soin de vous, car personne ne le fera mieux que vous !


